Christian Remésy, éco-végétarien plus que flexitarien

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Remesy nutrition

Christian Remésy, ex-directeur scientifique à l’Inra, nutritionniste, auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles, livre son analyse sur le flexitarisme.

 

 

 

Pour parler des personnes qui s’orientent vers une alimentation moins carnée, davantage végétale, on a inventé le mot de flexitarisme. Qu’en pensez-vous ?

 

Je n’aime pas le mot « flexitarisme« . Il me semble être péjoratif, faire allusion à un comportement fantaisiste, flexible…. Le fait de manger moins de produits d’origine animale ne doit pas relever d’une humeur ou d’un caprice. Il faut réduire quotidiennement la consommation de ces produits, la maîtriser.

 

 

 

Quelle est la part de produits d’origine animale consommée en moyenne ?

 

Actuellement, on estime que dans les pays occidentaux on consomme environ deux-tiers de protéines d’origine animale et un tiers d’origine végétale. Il faudrait passer à 50/50 puis à une majorité de produits végétaux.

 

 

 

Plutôt que le mot flexitarien, quel serait le bon concept selon vous ?

 

Je défends personnellement le terme de « éco-végétarien » pour désigner les personnes adoptant une alimentation à forte composante de calories d’origine végétale (80%) et à faible composante animale (20% des apports de calories). Il faut limiter les produits d’origine animale, mais pas uniquement. Il faut aussi réduire la part des produits ultra-transformés, à l’origine de l’épidémie mondiale du surpoids et de l’obésité, faire la chasse aux calories vides, consommer de vrais aliments avec toute leur complexité.

 

 

L’opinon publique semble mûre pour adopter une alimentation moins carnée…

 

Effectivement, de la même manière qu’il y a un engouement pour les produits bio et un refus des produits contaminés, il y a un mouvement en faveur d’une consommation plus raisonnable de produits animaux. A cet égard, les pouvoirs publics sont en retard sur la société.

 

 

Un éco-végétarien continue à manger des produits d’origine animale ?

 

 

Il est certain qu’il faut réduire notre consommation de produits animaux, très chers à produire et très coûteux au plan écologique.  Mais il faut néanmoins accepter notre statut d’omnivore. Nous devons continuer à nous alimenter avec les apports de nos territoires, tout en respectant des grands principes agro-écologiques, en reprenant conscience de l’origine de l’aliment. Cette prise de conscience est impossible quand on mange du poisson pané, des nuggets de pouletk. Cette consommation « sarcophage » de la viande qui nie ou se dissimule la véritable origine de l’aliment.

 

 

 

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