Lactalis, le roquefort et le Nutriscore

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Lactalis, mobilise les producteurs de roquefort contre le Nutri-Score.Un combat que la multinationale laitière a peut-être déjà perdu.

 

 

La Confédération générale des producteurs de lait de brebis et des industriels de Roquefort (CGPLBIR), détenue à 70% par le géant du lait Lactalis, demande que le roquefort soit exempté de repère nutritionnel.

 

Lire aussi : Le roquefort en guerre contre le Nutri-Score

 

 

La plus mauvaise note

 

 

Pour l’instant, le roquefort hérite de la note la plus mauvaise, E couleur rouge, car le fromage est riche en matières grasses et en sel, deux des ingrédients traqués par les concepteurs du Nutri-Score.  Si le repère nutritionnel devenait obligatoire en 2022 au niveau européen – un projet de la Commission européenne-, une telle notation mise bien en évidence sur les emballages, pourrait avoir des effets désastreux sur le plan du marketing.

 

 

Partial, partiel, et injuste

 

 

Les producteurs de roquefort crient à l’injustice, estimant que le mode d’évaluation nutritionnelle est « partial, partiel et injuste » » pour leur fromage. Un dialogue de sourds s’est engagé entre les partis en présence. L’interprofession du Roquefort clame que le cahier des charges de leurs produits est garant de qualité, notion plutôt éloignée des considérations de santé.

 

De son côté, Serge Hercberg, concepteur du Nutri-Score, estime que la note E ne veut pas dire qu’il est interdit de consommer le produit, mais seulement qu’il faut en consommer en petite quantité.

 

 

Fromages et produits laitiers

 

 

Derrière l’agitation des professsionnels du roquefort, les observateurs avertis voient la main mise du géant du lait Lactalis, 2,1 milliards d’euros de chiffres d’affaires, propriétaire de nombreuses marques  de fromages et de produits laitiers (Président, Lactel, Bridélice, Galbani, Société, La Laitière…). Lactalis tente de promouvoir pour ses produits son propre code nutritionnel, « C’est l’assiette qui compte ».

 

 

Le code est plébiscité

 

 

De par le passé, les industriels de l’agro-alimentaire ont tenté à plusieurs reprises, sans succès,  de riposter au Nutriscore. Aujourd’hui, le code aux cinq lettres et couleurs semble très bien implanté. Le code est plébiscité par les consommateurs (le taux de notoriété atteint 93%). 600 entreprises l’utilisent. Six pays en Europe (Belgique, Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, Suisse) l’ont importé.

 

JC Nathan

 

Sources : Nutri-Score, évaluation à trois ans du logo nutritionnel

Le monde.fr

Libération.fr

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