Le miel, un étiquetage anti-fraude

0
53
miel

Le miel est l’un des produits où se concentre la fraude. Après des années de laxisme, l’Europe commence à mettre de l’ordre en imposant un étiquetage précis à l’intention des consommateurs.

 

Dans le cadre des directives dites du « petit-déjeuner », le Parlement européen a voté en avril les lois en faveur d’un étiquetage du miel mentionnant les pays d’origine des mélanges de miel et la part en pourcentage de chaque origine. Jusqu’ici, les étiquettes se contentaient de mentions sibyllines, telles que « mélange de miel provenant de pays de l’UE et de pays tiers », « mélange de miel provenant de l’UE » ou « mélange de miel ne provenant pas de l’UE ».

 

La moitié des miels sont frauduleux

 

Cela fait déjà près de cinq ans que les institutions européennes mènent des travaux sur le sujet pour améliorer la protection du consommateur. Une étude en 2023 a estimé que près de la moitié des miels importés en Europe étaient plus ou moins frauduleux.  Le principe de la fraude est bien connu : il s’agit de l’adultération, c’est-à-dire le mélange de miel avec des sirops de sucre.

 

Lire : Distinguer le bon miel du miel frauduleux

 

Sirops de riz, de blé, de betterave

 

Auparavant, les trafiquants utilisaient des sirops de sucre à base d’amidon de maïs ou de canne à sucre pour diluer le miel. Selon certains experts, ils recourent désormais aussi à des sirops fabriqués à base de riz, de blé ou de betterave sucrière… L’intérêt financier est substantiel. En moyenne, selon les données de l’association FoodWatch, un miel importé en Europe coûte plus de 2 euros le kilo alors que les sirops de sucre fabriqués à partir de riz coûtent entre 0,40 et 0,60 euros le kilo. Sachant que ces trafics concernent plusieurs dizaines de milliers de tonnes de produits chaque année (l’Europe importe 175 000 tonnes de miel par an), on comprend que le miel frelaté soit une activité en pleine expansion.

 

Aliment magnifique

 

La règlementation européenne, malgré un déploiement poussif, va dans le bon sens. Il est en effet souhaitable que les consommateurs mangent du vrai miel, c’est-à-dire un produit totalement naturel, sans additif, aliment magnifique pour la santé. Tous les amateurs, dès lors qu’ils en ont les moyens, peuvent facilement se protéger de la fraude en achetant et en consommant des miels d’apiculteurs régionaux, clairement identifiés par leur adresse.

 

Lire  : Qu’est-ce qu’un miel de qualité

 

JC Nathan

Sources : www.euractiv.fr

foodwatch