Le retour du boeuf aux hormones américain

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Les accords de libre-échange en cours entre les Etats-Unis et l’Europe vont-ils déboucher sur l’importation de boeuf aux hormones ? C’est ce que dénoncent divers observateurs en France (Attac, José Bové, filière de la viande…), suite à l’annonce d’un prochain accord entre le Canada et l’Europe.

 

Depuis 1989, les Européens ont interdit l’usage d’hormones de croissance dans l’élevage et bloquent les importations de boeuf américain. En retour, les Etats-Unis et le Canada stoppent de nombreux produits alimentaires européens : fromages (roquefort), chocolat, échalotes, moutarde, jus, confitures, soupes.…. Les relations commerciales entre les deux continents sont empoisonnées par ce dossier et les négociateurs internationaux discutent depuis cinq ans pour faire sauter ce verrou.

 

Hormones ou haute qualité

 

Le volet commercial signé entre le Canada et l’Europe autoriserait l’importation par l’Union européenne, sans droits tarifaires, de 15 000 tonnes de boeuf congelé et de 31 000 tonnes de boeuf frais (ainsi que 80 000 tonnes de viande de porc). A titre de comparaison, la consommation européenne de viande est de 42 millions de tonnes par an. L’accord qui doit être voté par le Parlement européen entrerait en vigueur en 2015. Certains observateurs assurent que la viande canadienne sera de haute qualité, provenant d’animaux non traités aux hormones de croissance. Les milieux professionnels de l’élevage et la filière de la viande en France sont persuadés du contraire. Ils dénoncent les dangers d’une concurrence déloyale, les éleveurs nord-américains n’étant pas soumis aux mêmes contraintes règlementaires et sanitaires (bien-être animal, etc) que les éleveurs européens.

 

Risques pour la santé

 

Selon l’OMC, la question des hormones sert de prétexte au protectionnisme de l’Europe. Les scientifiques ne partagent pas en général cette vision optimiste. Selon les études compilées par la Commission européenne, les résidus de certaines hormones utilisées pour accélérer la croissance des animaux, présentent de multiples risques pour la santé humaine (risques endocriniens neurobiologiques, génotoxiques, cancérigènes…). Certains scientifiques pointent des troubles de la fertilité, via une baisse des spermatozoïdes, chez les hommes exposés durant la période intra-utérine. Le débat est de nouveau ouvert.

 

En France, cette annonce tombe mal alors que les consommateurs français ont été bien perturbés par les fraudes successives de la viande de cheval importée de Roumanie et du trafic de viande de cheval non autorisée. L’image du boeuf risque de ne pas en sortir grandie.

 

Bernard Duran

Photo : pleinchamp.com

Sources :

http://affaires.lapresse.ca

www.rue89.com

http://ec.europa.eu/dgs/health_consumer/library/press/press24_fr.html

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