Algues vertes, le prix du modèle intensif

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Le phénomène des algues vertes date de plusieurs dizaines d’années. Dès les années 1960, on voit apparaître les premières algues (nom scientifique : Ulva armoricana). Elles sont indissociables du modèle agricole intensif.

 

 

Algues vertes, cauchemar des Bretons et des touristes. Connue techniquement sous le nom d’eutrophisation, cette prolifération d’algues est liée aux rejets d’azote et de phosphore entraînés par les activités industrielles et les élevages intensifs. La Normandie, les Pays de la Loire et la Bretagne sont touchés. En Bretagne, les nitrates contenus dans les engrais et le lisier des élevages se sont accumulés dans les sols.  Il y a à la fois pollution des nappes phréatiques, et suralimentation des sols (via les nitrates et le phosphore), ce qui génère ces fameuses algues vertes. Algues potentiellement dangereuses du fait de l’émanation de sulfure d’hydrogène.

 

Lire aussi : Algues vertes, l’agriculture intensive en cause

 

Concentration d’élevages

 

Le phénomène est désormais bien identifié et sa cause indéniable : le taux moyen de nitrate des eaux bretonnes est passé de 5 mg / litre dans les années 1960 à 40 mg / litre dans les années 2000. C’est la conséquence d’une formidable concentration d’élevages. Sur quatre départements, la Bretagne concentre plus de la moitié des élevages de porcs, un tiers de la volaille français. C’est la première région française en élevage bovin laitier.  Cette spécialisation sur un territoire réduit conduit à de gigantesques rejets de lisier et de fumier gorgé de nitrates.

 

Lire : Nitrates, la France pollue durablement

 

 

Timides plans de lutte contre les algues vertes

 

 

L’Etat a lancé deux plans de lutte contre les algues vertes 2010-2015 (PLAV1) et 2017-2022. Le premier plan a permis de réduire le niveau de concentration de nitrates dans huit baies de Bretagne. Le second plan doté de 55,5 millions d’euros, comporte des mesures qui se veulent préventives. L’Etat cherche à encourager le changement de pratiques des agriculteurs et des éleveurs : couverture des sols, mise en pâturage, aménagement de talus, diminution des achats d’azote alimentaire… Et promotion d’une « nouvelle » agriculture : bio, vente de viande bovine élevée à l’herbe en circuit court

 

 

Enjeux économiques

 

 

Pour les associations environnementales et les mouvements écologiques, ces plans sont nettement insuffisants. L’inertie des processus en cause est très forte : cela fait une trentaine d’années que les sols ont accumulé ces excès de nutriments. Et de toute façon, les systèmes d’élevage intensifs utilisant de forts intrants (engrais) et entraînant des rejets polluants continuent de dominer les paysages. Les enjeux économiques sont très supérieurs aux enjeux environnementaux.

 

JC Nathan

 

Sources : www.fne.asso.fr

www.ouest-france.fr

Photo : La voix du Nord

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