Des pommes de terre plus fortes que les parasites

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La pomme de terre lutte contre les parasites depuis Parmentier. Une vieille affaire toujours d’actualité qui mobilise de nombreux chercheurs, notamment à l’Inra.

 

 

La pomme de terre est la première culture vivrière non céréalière dans le monde, et la quatrième culture vivrière mondiale, après le blé, le riz et le maïs. Autant dire que sa santé  a de l’importance. Elle justifie d’importantes recherches, notamment de l’Inra. Car la pomme de terre, sous ses dehors robustes, est vulnérable à de nombreux agresseurs : virus, doryphore, nématodes (petits vers du sol), bactéries.

 

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Le plus problématique, le mildiou

 

 

Le parasite le plus problématique, le mildiou, joli nom venu de l’anglais mildew, désigne un ensemble de maladies fongiques (champignons) redoutables. Pour lutter contre cet agresseur qui attaque aussi la vigne, les tomates, et d’autres légumes, les cultivateurs multiplient les traitements : entre 12 et 22 traitements fongicides par an en moyenne.  Pour se défendre, Solanum tuberosu, le nom savant de la pomme de terre, troisième utilisateur de pesticides derrière la pomme et la vigne, recourt à maints traitements chimiques.

 

Lire : La pomme de terre

 

 

Le cuivre pollue

 

 

Le traitement numéro un contre le mildiou est le cuivre, via la fameuse bouillie bordelaise. Le problème, c’est que le cuivre utilisé depuis une centaine d’années en France commence à polluer sérieusement les sols. Plusieurs pays en Europe en interdisent désormais l’usage. Aussi les chercheurs se mobilisent-ils depuis de nombreuses années pour mettre au point des nouvelles variétés résistantes au mildiou et autres agresseurs.

 

Gènes de résistance

 

 

Une partie du travail consiste à identifier des gènes de résistance sur certaines variétés et à les transférer par hybridation aux plantes cultivées. L’Inra dans son site de recherches principal de Ploudaniel conserve des ressources génétiques considérables pour mettre au point des variétés résistantes. Le Catalogue national qui répertorie quelques 300 références du tubercule a inscrit une quarantaine de nouvelles variétés dont une dizaine de résistantes au mildiou : Cephora, Passion, Tentation, Maïwen, Kelly, Rackam, Zen, Stronga…, et deux à trois résistantes aux nématodes.

 

 

Travail de Sisyphe

 

 

De son côté, l’Inra d’Avignon a mené d’importantes recherches qui ont abouti au séquençage du génome de la pomme de terre et permis de vraies avancées pour lutter contre les nématodes. Mais il s’agit d’un travail de Sisyphe car les champignons  et les autres parasites évoluent rapidement pour contourner les résistances acquises.

 

 

Combiner les défenses

 

 

Désormais, les scientifiques sont conscients que les résistances acquises grâce aux travaux génétiques ne sont jamais définitives. La doctrine actuelle est de combiner plusieurs modes de défense. L’agriculteur doit faire un bon choix de variété résistante, agir sur le couvert végétal, allonger sa rotation, apporter des produits de biocontrôle, explique en substance Josselin Montarry, nématologiste à l’Inra.

 

JC Nathan

 

Sources : Inra

La pomme de terre apprend à se passer de pesticides. Loïc Chauveau. 22 septembre 2016.

 

 

 

 

 

 

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